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22/03/2013

Grenouilles de laboratoire

Par Baptiste Rabourdin - eco-SAPIENS

Tout le monde connaît l’histoire de la grenouille qui, lorsque l’on chauffe progressivement l’eau, finit par s’ébouillanter.

adavirtuve.jpgAlors que débute la semaine pour les alternatives aux pesticides, et surtout alors que l’actualité autour des pesticides est brûlante, voire bouillante, il semble que nous nous comportions comme des grenouilles de bénitier. Nous nous empoisonnons lentement, chaque jour plus sûrement.

On a appris dernièrement que le Round’up, le plus célèbre des herbicides vendus dans toutes les bonnes quincailleries, est soupçonné d’intégrer dans sa recette des molécules plus dangereuses pour la santé que son principe actif connu sous le nom de glyphosate.

Certaines molécules, comme le carbofuran, interdites en France, font l’objet de trafic illégal, dont la France serait la plaque tournante. On retrouve dans les cours d’eau, dans nos gros fleuves français déjà bien contaminés, des substances depuis longtemps illicites.

Souvenons-nous de la sortie de Pesticides: Révélations sur un scandale français qui alertait dès 2007 sur cette curieuse industrie à la française. La France continue d’être le plus gros utilisateur de pesticides et il ne faut pas être grand vaticinateur pour assurer que l’objectif de réduction de moitié, fixé par le Grenelle, ne sera pas atteint.

Pourtant, quelques personnes résistent. Par exemple des collectivités engagées, voire même exemplaires, parviennent à passer au zéro-pesticides. Regardez la Bretagne zéro Phyto par exemple.

Par exemple aussi des professionnels du jardinage, telle l’enseigne Botanic qui a évacué le round’up de ses rayonnages. Pari audacieux que le collectif Round-Up non merci aimerait également voir être relevé par… Castorama. Des actions de désobéissance sont d’ores et déjà engagées.

Et du côté des alternatives? Franchement, elles ont de quoi séduire. Que l’on songe à ces initiatives de guérilla potagère, aux revendications des herbes folles. Que l’on songe aussi à ce pesticide naturel qui nous vient tout droit du monde des coléoptères: la coccinelle.

En Belgique, à l’occasion de cette semaine sans pesticide, la ferme aux coccinelles Adalia Square ouvre ses portes: nourrir les larves à cuillérées de pucerons, récolter les œufs, les conserver… voilà une sortie pédagogique comme on aimerait en voir de l’autre côté de la frontière. Pour le moment, au niveau hexagonal, il va falloir se contenter de pouvoir se faire livrer des larves de coccinelles ou bien, si vous aimez faire les choses vous-mêmes, démarrer un kit d’élevage.

Maigre consolation, non? Ah les Anglais ont popularisé leur beatles et ils auront raison de nous railler en continuant à nous surnommer «frogs».

21/03/2013

Une aventure de galériens ou trois semaines de RER B à la loupe...

Par Ludovic Bu - Expert en mobilité durable

 

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A l'heure du projet du Nouveau Grand Paris (qui fut le Grand Paris Express) promis pour entre 2025 et 2030, et alors que pleuvent les injonctions à utiliser les transports en commun pour sauver la planète, voici un petit extrait de ce que vit n'importe quel utilisateur régulier du tant décrié RER B (qui va du Nord au Sud de la Région parisienne). Trois semaines prises au hasard, sans qu'aucun événement particulier (vacances, travaux, grèves) ne vienne les perturber.

Un train tous les quarts d'heure. Si tout va bien. Et 17 minutes de trajet entre ma gare de départ (Drancy) et celle d'arrivée (Chatelet les Halles). C'est la promesse. Très rarement tenue. Jugez par vous même.

 

--------  Semaine 1 --------

Lundi 4 février

Matin : le train de 9h05 arrive à 9h14. Et moi qui avait rdv au bureau à 9h30, j'y arrive à 9h40...
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Soir : il est 20h15 lorsque j'arrive sur le quai de Chatelet - trois trains sont annoncés "retardés". Le premier qui va chez nous arrive à 20h40, soit 25 minutes après mon arrivée sur le "magnifique" quai de Chatelet Les Halles. Un endroit où tout le monde veut passer autant de temps si régulièrement (sic).

Mardi 5 et Mercredi 6

Matin : le train de 8h35 arrive à 8h43. Il roule très lentement à partir de La Plaine Stade de France. Et arrive à 9h07 à Chatelet, après 24 minutes de voyage (temps normal de voyage : 17 minutes), soit 41% de temps de trajet en plus.

Mardi soir et mercredi matin j'étais à Bruxelles, donc j'ai été tranquille.

Mercredi soir : retour à Paris. Les trains du RER B ont "entre 10 et 20 minutes de retard" suite à un incident voyageur (c'est quoi ?). Bon, puisque de toute façon, il n'y en a qu'un toutes les 15 minutes, c'est comme si un train avait été annulé. Résultat, le train qui arrive à quai est bondé.

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Jeudi 7

RAS. Jour béni de la semaine.

Vendredi 8

Matin : le train de 8h35 arrive à 8h40. J'ai rendez-vous au bureau à 9h. J'y arrive à 9h10... Désormais habituel.

Soir : accident voyageur entre Chatelet et la Gare du Nord. "Un corps trouvé sur les voies" nous annonce t-on ! Aucun train ne passe pendant plusieurs heures. Ma femme et moi rentrons en Autolib. Le RER B meilleur complice de la voiture ?

--------  Semaine 2 --------

Lundi 11

Matin : accident grave de voyageur à La Courneuve vers 8h. Résultat, pas un train avant 2h30 au mieux. Ma femme n'ayant pas le permis, je l'attends pour prendre une autolib (décidément aidée par le RER B). Problème : toutes les stations à proximité de la gare sont vides. Nous devons donc marcher 20 minutes avant de trouver un véhicule. Nous aurions aussi pu prendre le bus 251, puis la ligne 5 du métro, puis enfin la 3. Mais cela nous aurait pris encore plus de temps. Nous arrivons à nos bureaux respectifs, qui sont voisins, vers 10h30, n'ayant pu déposer la voiture à proximité immédiate de nos points de destination. Je devais y être une demi-heure plus tôt pour participer au Comité de Direction. In fine, j'ai raté un point très important. Par chance pour moi, mon Directeur général prend aussi le RER B et sait que je n'y peux pas grand chose.

 

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Soir : à peine ma femme et moi étions descendus sur le quai du RER à Chatelet que ce dernier arrive. Il nous mènera à Drancy sans aucune difficulté. Il y a des jours comme ça aussi.

Mardi 12

Matin : étant en retard, je n'ai pas le temps de me rendre à pied à la gare. Je monte dans le bus 346, qui arrive à la gare une minute après que le RER soit parti. Comme très souvent. Résultat : 15 minutes d'attente avant le suivant... annoncé successivement par l'écran de la gare à 8h52, puis 8h49, puis 8h50, pour finir par arriver à 8h48, avec deux minutes d'avance sur son horaire théorique. Il n'attendra pas 8h50 pour partir, laissant sur le carreau les voyageurs arrivants à la gare juste à temps pour l'horaire officiel de leur train. Eux aussi attendront un quart d'heure. Imaginez le scandale que provoquerait un train grande ligne partant en avance !

Soir : le train pour Drancy est sur le quai de Gare du Nord lorsque j'y arrive. Je monte dedans. Deux minutes après être arrivé sans encombre à Drancy, le bus 346 m'embarque et me dépose à une rue de chez moi. Parfait. Et ça tombe bien, il fait un froid de gueux.

Mercredi 13

Matin : je tente à nouveau le bus. J'ai repéré que pour le train de 8h20, il arrive suffisamment tôt pour que la correspondance s'opère de manière quasi sûre. Ce qui est le cas. Seul ombre au tableau : la gare est fermée. Il est donc impossible à ceux qui en ont besoin d'acheter un ticket au guichet (tout le monde ne sait pas utiliser l'automate qui est dehors). Pour ma part, je fais tout par internet, pour ne pas avoir à subir les aléas des ouvertures et fermetures de la gare de Drancy, dont les horaires sont aléatoires.
Il y a plein de places libres dans le train. Tout roule pour moi, donc. Mais en entrant dans Paris, le train ralentit et mettra plusieurs longues minutes à atteindre Gare du Nord. Dont il partira à 8h41. Il sera aux Halles à 45, soit un temps de trajet rallongé de 10%.
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Soir : à 22h30, départ de Gare du Nord, aucun problème. Tout fonctionne et le train est quasi vide.

Jeudi 14

Matin : 8h, via Twitter (une très bonne source d'information sur les perturbations de trafic), j'apprends que la SNCF diffuse des messages d'amoureux sur le quai à Aulnay sous Bois. Pendant ce temps là, la RATP annonce qu'en "raison de mauvaises conditions météo, le trafic est ralenti sur toute la ligne B du RER ". Moins romantique. La deuxième partie de l'information sera confirmée dix minutes plus tard par la SNCF, mais au nom d'un malaise voyageur. A cause de la pluie sous terre ?
Ma femme, partie un peu avant 8h, vit tout cela de l'intérieur. Elle m'envoie un sms : "pas de RER à 8h05 (retard et donc suppression !?), prise du RER à 8h20 et à 9h, toujours pas à Gare du nord. Soi disant un problème de signalisation, mais trois RER sont passés avant..." Tiens, une troisième explication !
De mon coté, ayant été averti, je tente l'enchaînement bus 251, puis la ligne 5 du métro, puis enfin la 3. Je mets exactement une heure porte à porte !

 

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Soir : arrivé à Gare du Nord, j'y vois l'annonce d'un "rail cassé à Denfert et d'un malaise voyageur à Aulnay qui perturbent le trafic". Ça ne change rien pour moi : mon train est annoncé dans 9 minutes. Bon, il arrivera pour de vrai 12 minutes plus tard. Pas très grave.

Vendredi 15

Matin : tout va bien. RAS. Départ à 9h55, arrivée à 10h27 à Gare de Lyon, où j'ai rendez-vous avec des journalistes de France 3. Ils sont en retard. Coincés dans les embouteillages qu'ils sont !

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Soir : les écrans indiquent que "l'incident à Gentilly est terminé et que le trafic reprend progressivement". Si je n'avais pas lu, je n'aurais pas su, mon train arrivant six minutes après mon arrivée sur le quai.

Samedi 16

Midi : ma femme et moi nous rendons à l'Ile Saint Denis, pour visiter les anciens entrepôts Printemps, qui vont être détruits pour laisser place à un eco-quartier quasi piéton. Un peu de marche, il fait beau donc c'est plutôt agréable, puis nous prenons le bus 151 puis le tram T1. Simple et efficace. Même chemin, inversé, au retour.

--------  Semaine 3 --------

Lundi 18

Matin : Nouveau problème de "signalisation" sur le RER B. Il est 8h50, je dois être à mon bureau à 9h30, pour intervenir dans une réunion semestrielle de tous les cadres de l'entreprise. J'y serais finalement à 9h45. Heureusement, je ne devais pas introduire la réunion.

Soir : je rejoins ma femme sur le quai, à Chatelet Les Halles. Notre train arrive quelques minutes plus tard, et nous rentrons sans encombre.

Mardi 19

Matin : je travaille de chez moi. Heureusement, car c'est à nouveau le bazar. Cette fois, c'est un voyageur malade à Denfert qui oblige les trains à faire demi-tour. Les voyageurs, eux, doivent changer de quai et de train pour poursuivre leur trajet. Toujours via Twitter, certains signalent avoir mis une heure de plus que d'habitude pour arriver à leur destination.

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C'est aussi ce matin là qu'un de mes voisins me dévoile sa nouvelle stratégie pour éviter le RER B. Il prend sa voiture de Drancy à Aulnay sous Bois, pour y attraper un petit gris, train de banlieue vieillot qui dessert la capitale depuis Crepy en Valois (Oise). Ainsi, il passe par d'autres rails, moins encombrés (et, notamment, il ne dépend pas du fameux tunnel entre Gare du Nord et Chatelet les Halles, commun aux lignes B et D et qui pose tant de problèmes).

 

C'est aussi ce jour là que paraît l'article "Choisir son logement en fonction des transports". Je prends les paris que dans quelques années, on publiera des articles sur comment choisir son emploi pour qu'il soit accessible depuis son logement. Ou qu'on aura mis en place des aides au déménagement pour rapprocher logement et emploi.

Soir : je rentre en voiture de service. Un voisin s'est garé devant mon bateau. Je ne peux donc rentrer la voiture dans mon garage.

Mercredi 20

Matin : je retourne à Paris avec la voiture de service vers midi, après un déplacement outre banlieue. Une bonne vingtaine de minutes d'embouteillages plus tard, j'atteins les portes de Paris. Il me faudra 1h15 pour faire tout le trajet (contre 47 minutes en RER, si tout va bien). Le RER, c'est morose, la bagnole, c'est pas rose...

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Soir : RER vers 22h30, depuis Denfert Rochereau. Le train à quai y "stationne", sans qu'aucune annonce n'explique pourquoi. Il partira au bout de quelques minutes. Finalement, j'arrive à Drancy dans un temps quasi normal. Comme le trafic qui, quoi qu'il arrive, est presque toujours annoncé comme "normal".

 

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Le lendemain matin, je me rends chez mon médecin, qui m'arrête pour quelques jours. J'en profite pour cesser également ce relevé. De toute façon, ces 16 jours détaillés montrent ce que nous vivons depuis que nous nous sommes installés dans la banlieue nord : sur 22 trajets, 7 se sont déroulés sans encombre ou annonce anxiogène. Soit un tiers. Tous les autres trajets ont connu des retards, des annulations ou des annonces montrant que le système ne marche pas (sans pour autant que cela ait de conséquence sur notre trajet).

 

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Voilà tout ce qui fait que dépendre du RER B est très fatiguant. Car même pour un trajet aussi court que 17 minutes, le voyageur n'est jamais sûr qu'il pourra arriver à bon port dans de bonnes conditions. Notamment, ce qui n'est pas arrivé pendant ces trois semaines, parce qu'il arrive qu'aucun train ne s'arrête pendant une heure dans les gares de Drancy et Blanc Mesnil. Sans parler de ceux qui en payent les conséquences avec des retenues sur salaire ou autres...

Le blog de Ludovic Bu

 

18/03/2013

Cascades de liens autour d'un atoll

«…de la mer à la terre, de la terre à la mer; et forment dans leur furie une chaîne du plus grand effet.»

Johan Wolfgang von Goethe - Faust (1808)

par Bruno Corbara, CNRS/université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand

Situé au milieu du Pacifique, à 500 kilomètres au nord de l’équateur, l’atoll de Palmyra a tout de la destination idyllique de carte postale. Pourtant, ce chapelet d’îlots de l’archipel des Sporades équatoriales, placé sous la juridiction des USA, a un passé récent qui n’a rien de glorieux quant au traitement infligé à son environnement. La base aérienne construite pendant la Seconde guerre mondiale et abandonnée depuis l’a gratifié d’encombrants souvenirs, munitions et barils de fuel immergés dans le lagon. Une grande partie de sa forêt originelle – et originale – a fait place à des plantations de cocotiers, les deux milieux étant habités par des rats introduits menaçant la faune autochtone. Il y a quelques années, l’atoll a été classé National Wildlife Refuge, avec pour objectif de restaurer son écosystème originel. Un programme d’éradication des rats y a notamment été entrepris, avec assez de succès. Désormais les visiteurs de Palmyra, outre les rares écotouristes admis, sont surtout des scientifiques qui étudient sa flore et sa faune, terrestres et marines.

Sans fous, pas de raies, et vice-versa

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La végétation actuelle de l’atoll consiste en une mosaïque de bosquets relativement naturels et d’anciennes plantations de cocotiers. La forêt originelle qui intègre deux espèces principales d’arbres, Heliotropium foertherianum et Pisonia grandis, est le lieu de repos et de nidification privilégié d’oiseaux marins. Parmi ces derniers, de nombreux fous à pieds rouges (Sula sula) y bâtissent leurs nids sur les branches. Les mêmes oiseaux évitent les cocotiers, trop souvent agités par le vent. Pisonia grandis est une espèce intimement associée aux oiseaux de mer: les arbres bénéficient des fientes que ces derniers produisent lorsqu’ils sont perchés. Au niveau du sol, les excréments s’accumulent en un abondant guano dont peu d’autres plantes tolèrent la forte acidité. Les graines de Pisonia qui sécrètent une résine extraordinairement collante, adhèrent aux plumes des oiseaux sans que ces derniers puissent s’en débarrasser aisément.

Ainsi transportées, elles voyagent d’île en île, ce qui assure la dissémination de l’espèce sur de grandes distances. La résine est à ce point efficace que certains oiseaux aux plumes fortement engluées finissent par en mourir. D’aucuns ont même suggéré – ce que dément une étude réalisée aux Seychelles – que les cadavres de fous morts à cause des graines de Pisonia, en enrichissant le sol en nutriments, favoriseraient la croissance des arbres nés de celles-ci.

Sur Palmyra, l’association entre Pisonia grandis et fous à pieds rouges est bien établie. Qui plus est, elle ne constitue qu’un maillon d’une longue chaîne d’interactions connectant milieu marin et milieu terrestre: c’est ce qu’ont révélé les travaux de Douglas McCauley et Paul DeSalles de l’université de Stanford et leurs collaborateurs, publiés dans un article récent de la revue en ligne Scientific Reports. Les fous à pieds rouges, aux populations concentrées sur les zones de forêt naturelle, produisent une quantité importante de guano (et donc en particulier d’azote) dont l’origine est pélagique: ces oiseaux se nourrissent en effet de poissons pêchés à plusieurs kilomètres des côtes.

Le guano est en grande partie lessivé par les eaux de pluie qui restituent donc à la mer quantité de nutriments. Leur forte concentration dans les eaux côtières proches des forêts à Pisonia permet une production considérable de phytoplancton et, par conséquent, une prolifération de zooplancton, notamment de copépodes. Ces petits crustacés sont eux-mêmes la base de l’alimentation de poissons géants, comme les raies mantas (Manta birostris) qui bénéficient donc, en bout de chaîne, de la présence des colonies côtières de fous. Des relevés effectués en plongée sous-marine ont démontré que les raies mantas fréquentaient de façon quasi exclusive les secteurs de l’atoll situés en vis-à-vis de ses forêts naturelles. Ainsi l’anthropisation de Palmyra, par le biais de la substitution de plantations aux forêts originelles, a-t-elle indirectement modifié la vie dans ses eaux côtières.

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Cette découverte est un bon exemple de ce que peut apporter en sciences un mélange vertueux de pluridisciplinarité et de sérendipité*: elle est, en effet, le résultat d’une collaboration efficace “entre espèces” différentes de chercheurs, mais aussi d’une dose de hasard. À l’origine, nul n’avait planifié l’étude des relations écologiques entre espèces terrestres et marines de l’atoll. McCauley et DeSalles s’intéressaient aux raies mantas dans un contexte d’interactions prédateurs-proies. De son côté, Hillary Young (jeune étudiante co-auteure de l’article) étudiait l’effet de la prolifération des cocotiers sur les populations d’oiseaux. C’est au cours de discussions informelles sur leurs sujets d’étude respectifs qu’a émergé l’hypothèse d’un lien possible entre deux faits observés séparément: la préférence des fous à pieds rouges pour les zones à Pisonia et la fréquente présence de raies mantas dans les eaux baignant ces zones. Les travaux qui ont suivi ont permis de valider cette hypothèse et de mettre en évidence l’existence de cette incroyable chaîne d’interactions qui, autour de Palmyra, relie des êtres vivants «de la mer à la terre, de la terre à la mer».

 

Glossaire Sérendipité: faculté de se saisir d’une observation insolite ou à priori incompréhensible pour réaliser une découverte.

 

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Un dossier bibliographique sur le site de la revue : www.especes.org, rubrique “compléments d’articles”.

Dans le prochain numéro (n°8, juin 2013), dans la rubrique Entr’Espèces : “Un papillon qui aime le changement”

Article paru dans le numéro 7 d’Espèces, revue d’histoire naturelle (p. 70-71)

Figures

Un fou à pieds rouges (cliché Wikipédia commons).

Crédit illustration : Florine Corbara/AdBa-Urbino

 

 

 

 

 
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