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18/04/2013

Prenez votre pied en marchant…

Par Marc Giraud, naturaliste

En promenade, découvrez les histoires secrètes des plantes et des bêtes qui nous entourent: les violettes offrent des bonbons aux fourmis, des abeilles sauvages cherchent des coquilles d’escargots, et les chevreuils se saoulent… Les balades vous procurent également des trésors de bienfaits. Le livre «La nature en bord de chemin» vous le raconte.

 

haie printemps 1.jpg

La nature fait du bien

Marcher est déjà en soi un exercice physique fondamental, au cours duquel on renoue le contact avec son corps et avec la Terre. Le rythme naturel de la marche est lent, calme, silencieux. Les grands espaces sont nécessaires à notre respiration, physique comme mentale, car notre environnement influence nos inconscients. Les parfums, les sons et les images de la nature nous stimulent: c’est ce que l’on appelle la «vitamine verte». Plusieurs études ont montré que la vision de la verdure nous était bénéfique: les malades profitant d’une chambre d’hôpital avec vue sur la végétation guérissent plus vite que les autres. De même, d’après une étude japonaise, la fréquentation de la forêt tonifie nos défenses immunitaires.

Aller à la rencontre des animaux sauvages développe également la patience et le sens de l’observation. Cette saine activité nous conduit à oublier le stress de notre civilisation bruyante et ses urgences de pacotille pour adopter un rythme naturel plus serein. Enfin, les beautés de la nature sont des éléments fertiles indispensables à l’épanouissement de notre sensibilité artistique, de nos rêves et de notre imaginaire. Penchons-nous donc sur les êtres vivants qui nous entourent…

 

Des bonbons pour les fourmis!

violettes 2.jpgLes fleurs des sous-bois poussent au printemps, avant que les feuilles des grands arbres leur cachent la lumière. Elles peuvent compter en partie sur le vent pour disséminer leur pollen, mais les mouvements d’air se raréfient avec l’apparition des rideaux de feuillages. Pour semer leurs graines dans le sous-bois, certaines plantes, comme les violettes et les mercuriales, les font exploser afin de les projeter au loin. D’autres sont aussi transportées par des animaux. Les graines des anémones, des primevères ou des violettes possèdent des éléments comestibles qui attirent les fourmis. Au cours de leurs déplacements, les insectes mangent la friandise et délaissent la graine, trop dure pour leurs mandibules. C’est ainsi qu’ils jouent les jardiniers de la forêt.

 

Quand les chevreuils se saoulent

Les chevreuils sont les seuls grands mammifères sauvages que l’on peut rencontrer aisément en plein jour. Au sortir des restrictions hivernales, ils se jettent sur les jeunes pousses printanières gorgées de sève sucrée. Hélas. La sève fermente dans leur estomac, et les bêtes se retrouvent complètement saoules. Elles font des bonds dans tous les sens, des cabrioles, des demi-tours sur place, hochent la tête bizarrement. Bien que ce soit rare, il arrive qu’on rencontre des chevreuils dans ce joyeux état (on dit qu’ils ont «le mal de broute»). Comme des ivrognes au volant, ils perdent alors toute notion de prudence, et ne fuient plus à l’approche de l’homme. L’un d’eux, déambulant en pleine ville, est carrément entré dans un magasin. Un autre a été retrouvé hébété sous la table de cuisine d’un hôtel, et les témoins ont eu du mal à l’en déloger...

Même à jeun, le chevreuil s’habitue de plus en plus à l’homme. Je le vois quelquefois brouter tranquillement à moins de 5 mètres de lignes de chemins de fer, et ne pas bouger une oreille lors du passage des trains rapides, pourtant très impressionnants (tremblement du sol, vacarme soudain, et vaste courant d’air longtemps après le passage de la machine). Les animaux ont compris que ce bruit terrible ne s’accompagnait pas de danger, alors qu’ils sont prêts à fuir au moindre craquement de brindille sous nos pieds. Approchons-les tranquillement, ils ont beaucoup à nous apprendre…

Les abeilles solitaires

Une seule espèce d’abeille vit dans des ruches: l’abeille domestique, celle qui nous donne du miel. Savez-vous que mille autres espèces se rencontrent en France? Chez la majorité d’entre elles, la femelle élève seule ses larves. Certaines creusent des petits terriers dans les talus de terre meuble, on peut les observer sur les chemins traditionnels dans les endroits ensoleillés. D’autres maçonnent des nids, pondent dans les tiges sèches des ronces, dans les trous des murs et même dans des coquilles d’escargot vides! Ces abeilles sauvages sont des pollinisatrices bien plus efficaces que l’abeille domestique, car elles transportent le pollen sur tout leur corps et ne le tassent pas dans des corbeilles. Cependant, aucune étude n’a encore été réalisée sur l’impact des pesticides sur ces insectes si utiles.

abeille sol 1.jpg

La nature en bord de chemin

Nature-chemin-couv.jpgCe livre d'un genre nouveau contient plus de 700 photos! Conçu comme un véritable documentaire audiovisuel, c'est une visite guidée à travers les terroirs et les saisons. Plantes, petites et grosses bêtes, animaux sauvages et domestiques, tout ce qu'un promeneur peut rencontrer est exploré par un système de plans généraux et rapprochés d'un même lieu. Haie, touffe d'ortie, pré aux vaches, village, prairie fleurie, flaque d'eau, ronces, talus... Pour découvrir la vie cachée des bourdons terrestres, le langage gestuel des chevaux, les stratégies des végétaux ou les jeux des renardeaux.

Delachaux et Niestlé, 17X14 cm, 24,90 euros, 256 pages. Voir http://lesanimauxdemarcgiraud.blogspot.fr/

 
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